• gillesvigneau

Il n’y a pas que l’économie qui croit, l’incertitude aussi!

Dernière mise à jour : 19 avr.

La situation d’Evergrande en Chine, l’augmentation persistante du prix des commodités, l’inflation croissante aux États-Unis, les pénuries de main-d’œuvre et d’approvisionnement dans plusieurs économies, l’évolution de la pandémie et l’interventionnisme des banques centrales devraient soutenir la croissance de l’incertitude sur les marchés. Dans ce cas, la question « à 100 piastres » est qu’adviendra-t-il des écarts de taux d’intérêts entre les différentes économies en contexte (de sortie?) de pandémie?


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Un défaut du groupe chinois Evergrande serait dangereux pour le marché immobilier chinois, secteur représentant près du quart de cette économie. Certes, les exportations permettent de compenser les problèmes du secteur, mais cette force tire son origine des arriérés d’approvisionnement mondiaux et des commandes liées à la pandémie, situation qui devrait se résorber en 2022.


La zone euro quant à elle est sortie de récession et l’on s’attend à une croissance du GDP autour de 2%. Rien ne pouvant justifier pour le moment une hausse des taux d’intérêt prochaine avec l’engagement de la banque centrale européenne à continuer ses injections de liquidités et une inflation que l’on voit retourner en dessous des 2 %.


Toutefois, en Grande-Bretagne, avec une production industrielle en croissance accélérée, une pression du marché de l’emploi, et l’inflation qui devrait franchir la barre des 4 %, les observateurs s’attendent à ce que la Banque d’Angleterre augmente son taux directeur.


Au Canada, une forte croissance de la consommation, des problèmes de chaîne d’approvisionnement, des pénuries de produits et la hausse du prix du pétrole poussent l’inflation à la hausse. En revanche, la Banque du Canada est plutôt catégorique, elle pense que cette poussée inflationniste est transitoire. Attitude que semble partager la Banque Centrale Européenne.


Les États-Unis quant à eux ne devraient pas relever leurs taux avant la fin de 2022, la relative faiblesse du Dollar américain devrait se poursuivre surtout vis-à-vis les devises des pays forts en matières premières. Par ailleurs, l’Union Européenne indiquant son désir de maintenir ses taux d’intérêt directeurs à leurs niveaux actuels jusqu’en 2025, les entreprises devraient s’attendre à une forte livre sterling et à un Euro relativement plus faible.


L’inflation est également à la hausse dans les pays émergeants. Ces derniers doivent agir fermement car le risque que l’inflation devienne hors de contrôle dans ces pays est plus élevé. Cependant, certaines nations disposant de commodités en demande, telle la Russie avec le gaz et le pétrole, pourraient voir leur devise s’apprécier.


Il y a un bémol, cependant, sur l’ensemble de ces attentes. Une série de problèmes économiques génèrent de fortes hésitations sur les marchés des devises même si les écarts de taux d’intérêt se modifient. Il y a une pénurie chronique de matières premières et de pièces dans différents secteurs d’activités en plus d’un retard significatif dans les carnets de commandes dans le monde entier.


En somme, le contexte macroéconomique est caractérisé par une pénurie profonde de biens, combinée à un système de banques centrales qui depuis plusieurs années ne cesse d’injecter de l’argent dans les économies. Par conséquent, ce surplus de liquidité généralisé combiné à une offre limitée de produits, ne peut faire autrement que de pousser les prix vers le haut. De plus, la pénurie de main d’œuvre pousse les salaires à la hausse. Lorsque ces augmentations deviennent trop fortes, les entreprises augmentent les prix chargés à leurs clients… Un autre support pour l’inflation.


La nouvelle question à «100 piastre » devient : Comment l’inflation affectera-t-elle les devises? La gestion de l’inflation par les banques centrales s’ajoute à un niveau d’incertitude fort significatif, alors que le monde se remet à peine de l’impact économique de la pandémie. Situation en évolution comme nous le montre l'émergence du variant sud-africain. Les opérateurs sur les marchés sont inquiets.


La Banque Centrale Européenne n’envisage pas de resserrement de sa politique monétaire alors que la Banque d’Angleterre et la Réserve fédérale américaine signalent le contraire. La Banque du Canada « observe » la transition vers une économie post pandémie. Elle ne considère pas les perturbations des chaines d’approvisionnement et la pression qu’elle cause sur les prix comme une raison de resserrer la politique monétaire.


La Banque Centrale de chine (PBOC), avec la saga Evergrande et les craintes récentes d’un ralentissement de son économie en raison d’une crise du crédit et de l’énergie (pénuries de charbon et de gaz naturel) dans le pays doit prendre davantage de mesures et injecter de plus en plus de fonds. Pour le moment, l’inflation en Chine demeure faible mais n’est pas sans risque à la hausse.


Cependant, même si certains secteurs demeurent fragiles, la reprise mondiale est en forme de V. La volatilité des cours des produits de base, l’incertitude entourant les politiques monétaires des différentes banques centrales face aux récentes fluctuations de l’inflation et la volatilité croissante des devises qui en résultent sont préoccupantes. Il faudra réapprendre à commercer en contexte d’inflation ; cela fait plus de 20 ans que cette problématique était sortie de l’écran radar.


En fait, de nouvelles restrictions au commerce provoquées par une nouvelle poussée du Covid-19, une autre augmentation inattendue des prix de l’énergie ou la poursuite des pénuries de main-d’œuvre généreraient probablement des difficultés importantes pour la croissance et pour les monnaies des pays les plus touchés malgré les actions des banques centrales, du moins à court terme. Le retrait progressif de l’assouplissement quantitatif et le réalignement des écarts de taux d’intérêt inter pays sera à surveiller car les banques centrales auront des politiques monétaires divergentes.


Devant cette incertitude croissante, il faut être en mesure de suivre sa stratégie de couverture afin de s’assurer qu’elle demeure efficace. En ce sens, la construction de votre stratégie de gestion de risque de devises doit être aussi simple que possible. Les complications ralentissent les processus, restreignent les ressources et peuvent entrainer des erreurs coûteuses.

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